L'Effacement (d'une jeune femme sensible)



Je me retrouve au centre de la photo. Mes cheveux sont raides sur cette photo qui me poursuit, qui me hante. Même si dans la vraie vie, ma chevelure est ondulée. Un moi qui n’est pas véritablement moi. Mais qui suis-je ? Ondulée comme les ondes que la chaleur dégage, qui font fondre les coins de la photo.

Il me semble que mon corps sépare l’arrière-plan de cette image en deux, me divise de la même façon, une hache avec cible prédéterminée. Mais est-ce que c’est vraiment moi qui divise la photo en deux, qui dérange sa cohésion en insérant ma présence non invitée, non désirée ? Ou est-ce que c’est plutôt l’arrière-plan qui me divise en deux, qui impose sa puissance sur mon entité malléable ?

J’ai toujours pensé, j’ai souvent eu l’impression d’être sans contours – je n’avais aucune connaissance des limites de mon propre corps, de ce qui était censé me distinguer des autres.

De cette façon, tout me transperce – chaque silence, chaque regard désapprobateur que tu portes sur mon être, ta colère qui se déverse sur moi, comme si j’étais un vase acceptant de tout contenir, contenir tout ce que je n’ai ni demandé, ni voulu.

Emmitouflée de la honte que j’internalise, cette honte dont je ne me débarrasse jamais, qui traine derrière moi comme un fardeau, dont le chemin je suis.

Cette photo est toujours en évolution, raison pour laquelle elle ne peut pas exister. Les choses qui se transforment ne peuvent être capturées, contenues, tout comme la jeune femme qui figure à son centre.

À chaque fois que cette image surgit dans mon esprit, comme une invitée non désirée, j’aperçois à peine mon corps, qui s’estompe. Un obscurcissement, une éclipse. Que suis-je donc en train de devenir ?

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    Valerie Amyot, ICF-Certified Professional Coach